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LE CONJURE DE LA BÊTE IMAGINAIRE
Sur le livre « LA BÊTE IMAGINAIRE » d'Antonio de Santos par RICARDO LOEBELL

Antonio de Santos à un œil de poète cinématographique. Il sait restituer les processus de la nature, puisque le temps de la tragédie se tord en séquences du propre montage créatif. Dans sa poésie riment l’esthétique d’un temps sculpté dans lequel des corps et la nature se déchiffrent mutuellement. Dans ce va-et-vient du sujet qui implore son amant se fond temps et espace intimement. L’amour se décrit dans sa poésie comme un autre sentiment. Dans le poème « On a rien à nous dire pendant qu’on s’aime », l’écriture se transforme dans un inquiétant registre qui s’abstient à un jugement au moment de décrire les évènements à partir du regard d’un enfant, qui raconte de manière vraisemblable chaque moment, sans avoir besoin de les comprendre pour donner son témoignage.

Différent à ce qui se passe dans le film, l’univers de la poésie entame tout  ce qui comprend le registre des films et  tout ce qui se passe en dehors de l’écran. Si on pense à Raoul Ruiz, ce serait tout ce qu’il y a de plus important en dehors de l’écran. Antonio laisse que le sujet poétique chante la nature absente à travers du corps métaphorique de l’être qu’on aime,  par le manque que nous ressentons des endroits qu’on ne perçoit pas quand nous regardons à travers la lentille ou quand nous aimons. Là, toute présence est messagère de l’absence ; l’être marche à côté de l’ombre de son non-être ; le visage dans son caractère infini – si l’on pense à Lévinas - le sujet n’est pas présenté comme la vie vulnérable, fragile et éphémère, mais au lieu par contraste, c’est un memento mori qui rappelle la mort. Ici, l’écriture s’aventure et se remplie de son non-écriture. De la même façon chaque poème évoque l’univers voilé de sa composition, qui, parce qu’il n’a pas de dimensions définies ou finies, circule en dehors du livre. Ceci est évident dans le poème « Ton visage pour moi est comme la mort ».

L’empathie avec la nature se passe quand le sujet laisse que l’essence habite dans un endroit au fond de son être. Cela lui permet d’exprimer et de clamer sentiments, qui lorsqu’ils se métabolisent dans son intérieur, passent à la conscience dans un langage qui énonce cette communion. Goethe dans son poème connu, « La nature », attribué au  début à Georg Cristoph Tobler et écrit vers l’année 1782, adopte une voix d’une nature anthropomorphe, une nature qui sent, comme l’on peut imaginer un individu quand celui-ci se sépare consciemment de son origine. Dans cette essence qui l’a installé, qui le ramènera et qui ne  détestera pas son œuvre, le sujet de Goethe confie, développé dans le discours poétique qui tend à renaitre.

Différent est le processus dans l’œuvre d’Antonio de Santos, qui commence avec la tombée grise du premier poème, « Tes vols nocturnes », pour terminer avec un ciel obscurci dans le dernier, « A la fin de la lumière ténue ». La mystique de la poésie coïncide avec définir la vie avec l’arrêt du flux infini et là tout ce qui se passe, bouge et émeut, semble ne pas pouvoir aller plus loin de l’inconsolable, quand ‘on vit sans vivre en soi, et si haute vie on attend, on meurt quand on ne meurt point’, c’est ainsi que l’on lit les vers thérésiens qui furent écrits dans la frontière de la vie et de l’éternité. Comprendre qu’après la mort du sujet, tout continue son cours sempiternel, équivaut à penser qu’à la fin du poème, celui-ci continuera à s’écrire tout seul.

L’écriture amoureuse dans De Santos peut reconstruire le sable répandue de l’horloge ou bien chercher les trait du métabolisme dans le corps qui permettent de mesurer le temps. C’est pour une raison que tout est destiné à finir au commencement. « La bête imaginaire » est écrite dans une esthétique ocre, de vers jaunes et dorés, qui constatent le flagrant cours de l’humanité, formée par de téméraires passagers solitaires dans des villes asphaltés, déterrées de l’existence. Il semble que ça a toujours été comme ça, que « la fin » habite au cœur des consciences de chacun. Cela transforme le sujet dans une « bête imaginaire » qui permet de vivre l’illusion de la vie comme un rêve évident.

L’œil inquiet qui déchaîne cette poésie d’Antonio de Santos permet d’établir une relation avec le dernier film de l’hongrois Béla Tarr, Le Cheval de Turin (2011). A travers le récit de la vie d’un cheval de traction, il fait référence de façon indirecte, comment la mesquinerie et l’astuce de l’homme a détruit le monde avec ces actions et a envenimé la terre. Il paraitrait que la noblesse et la dignité humaine se sont dissipées, son existence manque de sens dans un monde dominé par l’excès d’avidité. Dans cette histoire on apprécie la lente détérioration de tout ce qui les entoure, comme une espèce de rébellion de la nature contre la distance éthique de l’homme. Les termites arrêtent de s’alimenter du bois, les éléments se dissolvent de la présure de la matière primordiale, le puits se sèche, la braise se consume. Comme dans une apocalypse, tout s’obscurci dans une nuit éternelle comme un sommeil sans fin… Ici dans le dernier poème le sujet ‘à la fin de la lumière ténue’ revient dans son rêve, ‘le ciel s’assombrit’ et tout revient au calme ; il paraitrait que les corps se donnent à un métabolisme supérieur. Peut-être, à un moment, dans les ténèbres, il reste du temps pour écouter ce processus de lente et temporelle dissolution. (2015)

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"Une Énergie incroyable"
Las Últimas Noticias, SANTIAGO DU CHILI, 14 Mai 2010
Sur le premier roman d'Antonio de Santos par Patricia Espinosa

 

« Narrateur professionnel » est une expression peu utilisable dans le milieu littéraire du pays; ce qu'il y a en réalité ce sont plutôt des amateurs, joueurs de marelle courte qui requièrent de la littérature comme espace pour faire une communauté, boire des coups, cancaner le milieu et s'autoproclamer les plus cool, ceux qui sont à la mode: ¿tu me piges mon gars? Comme ça n'importe qui. Alors pourquoi pas inclure le premier roman d'Antonio de Santos, « Quand je me réveille avec une pute j'écoute Brahms ». Ce titre, très ridicule dans son envie d'épouvanter, encadre ce récit barbare, peu soigné, mais qui d'autre part fait preuve de vie, d'énergie, de rage, d'impétuosité. Exactement: impétuosité. Un roman sans marketing, sans notes dans Google, sans présentation à la société, distribuée par lui même dans quelques librairies. De Santos constitue ce roman à partir de ce qui se dénomme artiste maudit, concept qui peut être utilisé pour un petit bourge ou bien pour un racaille, avec la condition d'être alternatif, très alternatif. Dans ce cas nous sommes en présence des deux options ou deux faces d'une même pièce. Dans un premier temps, le protagoniste vie seul, il a un père riche, il étudie la danse et est fanatique des filmes d'auteur et de la musique classique. En plus, une fois par semaine une femme de ménage le visite et le sert comme un roi. Comme nous le supposons, il consomme de la drogue jusqu'au délire et vie dans une ivresse continue. Ses dictons sont stéréotypement incorrects: les femmes sont toutes des putes, il méprise les homosexuels, les noirs et tous ceux qui croient être artistes. Durant la plupart du récit, il blâme le lecteur et déqualifie sa propre façon d'écrire. Cependant, cet oisif et riche mélomane reste derrière, et une deuxième voix apparaît qui pourrait être le même protagoniste d'avant. Maintenant nous voyons un type enfermé dans un psychiatrique qui survit à peine économiquement et qui vieillit, physiquement et mentalement affaiblit. Sa mémoire lui apporte des fragments qui le connectent avec ce que nous savons déjà du premier protagoniste, comme par exemple son goût pour les grosses, pour l'art et les constants mots de tête. Le fascisme des deux voix, celle du jeune artiste et celle du vieux de l'asile, ont leur origine dans la maladie. C'est ce qu'il y a de pathologique qui dérive dans un discours misogyne, homophobe et raciste du personnage. Sans doute, « Quand je me réveille avec une pute j'écoute Brahms » a d'innombrables fautes de rédaction, mais elles sont compensées par un grand enthousiasme pour l'art et l'extrême autoconscience sur le travail littéraire. Très peux, pour ne pas dire personne, osent faire référence à leurs mauvaises écritures comme le fait de Santos avec pleine sécurité dans son texte: « cette merde », « cette ordure ». Il ne reste que l'applaudir pour son honnêteté exagérée.

 

 

 

« Quand je me réveille avec une pute, je mets Brahms » (2009)LE PREMIER ROMAN D'Antonio de Santos

 

 

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QUAND FUT LA DERNIÈRE FOIS QU'UN AMI VIRTUEL T'A EMBRASSÉ ?« Pasolini the cat and old Ezra » (2019)livre de design par Antonio de Santos et Kobal

 

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SUR « CONDAMNATION » NOUVEAU LIVRE DE POÉSIE D'ANTONIO DE SANTOS PAR GLADYS GONZÁLEZ SOLIS

Une introspection vers l'essentiel, le sang, l'abandon des espaces et de sa propre identité pour soutenir un personnage en quête d'art pour l'art, peut-être le traité personnel le plus dangereux, mais fertile qu'un écrivain puisse s'accorder avec lui-même, le courage d'affronter les manques et les peurs, de passer du côté le plus inconfortable, l'arrière-cour du côté sauvage, un regard qui révèle dans la friction le sujet qui écrit, qui se décrit dans sa précarité et sa luminosité. Les poèmes moins subtils, ou plus sombres, d'Antonio de Santos rappellent l'expérience de vie de l'atelier de Francis Bacon, une myriade d'images, d'éléments ataviques, de couleurs qui rappellent l'esthétique de l'effondrement, de la déconstruction de soi, des éléments subtils qui envahissent le territoire de son écriture. La recherche d'un autre aimant est également évidente, dans un lieu qui tombe dans le désenchantement et dans le regard de quelque chose qui ne peut être trouvé, mais qui est ardemment recherché. La confession d'une armure contre l'abandon par l'exercice de se perdre à nouveau en elle, pour ne pas trouver la rédemption, apparaît. Les poèmes d'Antonio reflètent l'inquisition constante de l'auteur avec son œuvre, la frénésie d'aller au-delà des mots en utilisant l'expérience, comme dans un journal intime où s'affiche ce qui est signifié et où se glisse l'essence la plus primitive, l'état d'alerte, de recherche, d'abandon, de trouver la moelle de la vie jusqu'à ce que l'esprit soit serré et reste dans le silence qui ne cesse de crier. (2018)

PRÉFACE SUR "PEAU INTÉRIEURE" D'ANTONIO dE SANTOs
PAR HERNÁN MIRANDA CASANOVA

 

Antonio de Santos est tout un personnage, un juvénile artiste qui depuis les années quatre-vingt, entame avec talent et passion diverses expressions artistiques tels que le cinéma, le théâtre et la poésie, tout cela avec une attitude underground très claire.

C’est ainsi que la biographie de ce poète comprend de multiples activités : livres publiés fabriqués à main, films montrés dans des chaînes non habituelles, performances qui réunissent un public  divers, tout cela unifié par une critique au milieu artistique conventionnel et, en général, aux pouvoirs établis.

Mais il ne faut pas croire que les œuvres d’Antonio de Santos se constituent d’un discours pamphlétaire ou de proclamations répétitives. Sa trajectoire personnelle nous parle d’une puissante vocation qui lui a permit de surmonter son existence mise à preuve, comme  par exemple avec la mort de son père ou l’abandon du foyer à jeune âge. Une autre caractéristique remarquable d’Antonio est sa détermination de vivre pour et grâce à l’art, ayant comme référence aux grands poètes comme Trakl, Novalis ou Rimbaud.

On lit :
« Je veux déterrer des douleurs du passé/Joies qui ont vieillit au même temps/La douleur d’un enfant qui grandit entre les décombres/ L’éveil d’une pute sans amour/Le corps entrant en inspiration/Voir arracher les âmes de leurs âmes/Cesser d’allaiter des tièdes seins/Pour allumer le feu de mon amour. »

Ceci fait partie de la poésie romantique d’Antonio de Santos. Ce ton dramatique peut se trouver tout au long de son œuvre et se constitue comme une contre part d’autres secteurs de la même poésie, qui montrent une ressemblance avec l’œuvre des poètes maudits,  y compris le monde fantasmagorique de Lovecraft.

D’autre part, nous pouvons établir une claire ressemblance avec les œuvres poétiques d’autres auteurs comme Humberto Díaz Casanueva et Rosamel del Valle.  De même, toute la poésie d’Antonio de Santos serait un espace propice pour les études de la poésie chilienne de la fin du XXème siècle.

L’œuvre est terminée.  Maintenant c’est aux lecteurs de s’approprier des images de ce livre et les faire les siennes. (2015)

 

 

 

 

 

 

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GERANIUMS COUVRENT LA PRAIRIE BLEUE
PAR ANTONIO DE SANTOS

 

Géraniums couvrent la prairie bleue
La fille tourmentée court le long de la côte
Pendant que les blés se dandinent
Après leurs fissures
Après leurs escarmouches

Derrière viennent les cheveux blonds
Avec leurs pâleur émeraude
Tous fuient le corps mutilé

Géraniums couvrent la prairie bleue
Le ciel gris annonce la tempête
La brise détache les acacias
Les cloches annoncent la messe de six heures

Géraniums couvrent la prairie bleue
L’automne des mandragores chasse le pèlerin
Personne ne cachera ton visage
Personne n’empêchera ta naissance
Même si les secrets se gardent dans ton village
Même si tes parents regrettent le plaisir

Géraniums couvrent la prairie bleue
Mais personne ne couvrira la soie de ta peau
Ce qui laissent tes bouts de femme
Ce que tu as laissé en moi.

 

DE "PEAU INTÉRIEURE" (2015)

 

 

ONLINE WORKS

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  • Team Member

    Szaman (2011) par Antonio de Santos

    Une perverse fuite entre la réalité et la irréalité désenchaînera la naissance d'une nouvelle spiritualité.

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    La Fabrique (2016) par Antonio de Santos

    L'entourage d'une fabrique nous montre la quotidienne, simple et violente frustration que le système produit au sein des relations humaines.

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    Échaffaud (2012) par Antonio de Santos

    Chaque individu détermine ses relations affectives, ses peurs et le temps se charge de nous affronter à la solitude et la mort.

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    RACHMANINOFF (2007) par Antonio de Santos

    Film expérimental sur la vie du compositeur russe Sergei Rachmaninoff.

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    La Cicatrice (2017) par Antonio de Santos

    Ce film est un voyage intérieur, une évasion et une recherche de l'existence à travers la parole, l'image et le son.

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    VIDÉONOIR (2020) par Antonio de Santos

    Dans les années 1950, une femme sort de prison pour tenter de retrouver sa vie.

Sur le cinÉma d'antonio de santos par Manuel peÑa muÑoz

« La Fabrique » (2016) est un filme qui laisse des énigmes tout au long pour que le spectateur réfléchisse et réponde. La poésie marche dans ce sens car les symboles suggèrent comme par exemple les grues et la pomme. Le directeur se cette dans les deux personnages féminins, tourmentés, perturbés et étranges, pendant que les masculins restent absents. Le protagoniste est totalement plongé dans son propre monde et l'ouvrier plus âgé rappelle le coeur grec car il donne des pistes de la tragédie pour que le spectateur complète et interprète. L'esthétique me semblait entre le Kitsch et le Camp. Beaucoup de scènes font penser aux filmes classiques. L'ambiance de la fabrique en soi et les costumes des personnages féminins me rappellent « Dancer in the Dark » du groupe danois « Dogma » avec Bjork. La scène de la douche fait penser à « Psycho ». La femme qui agresse l'héroïne me rappelle le personnage de Judith Anderson dans « Rebeca »: mystérieuse, provocante, elle réussit la catharsis de la protagoniste. La couleur changeante des grues accompagnent la singulière tragédie des personnages, c'est pour cela que le filme a des liens avec le théâtre, l'art plastique, la musique et la poésie. Les paroles des chansons de Violeta Parra chantés par l'ouvrier, guident le spectateur sans expliquer. J'ai beaucoup aimé l'inclusion des chanson de Brenda Lee, ma chanteuse préférée des années 60. La caméra est espionne. Elle fait complice le spectateur dans un jeu pervers de regarder sans être vu. En somme, c'est un filme « under » pour les initiés en esthétique et rythme du cinéma expérimentale. Se prête pour la contemplation intellectuelle et l'analyse interprétatif. J'ai eu envie de voir les autres filmes du réalisateur Antonio de Santos, sans doute un référent dans le cinéma chilien expérimentale.

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MÉDÉE ÉLECTRONIQUE

NOUVEAU LIVRE RÉTROPHILOSOPHIQUE D'ANTONIO DE SANTOS

« L'âme ne peux pas être nourrie avec des sentiments mondains. L'élévation cohabite avec le savoir. L'habitation des agneaux rechargeables est pleine de sperme futuriste. Les machines gagnent la révolution rouge. Les flashes acclament ce petit membre. Mon anorexie embellit mes os. Le tapis vers le paradis est fait d'animaux déchiquetés en bronze. Les reptiles de mon âme s'assoient prendre le thé hydroponique. Rien ne se construit dans notre silence. Il y a des voix dans nos cris. Je cesse de danser et tu n'est plus là. Se furent mille trois cent vingt-deux tours à la nostalgie du premier quart, où tout était la construction des corps en néon. »

DE « MÉDÉE ELECTRONIQUE » (2019)